Professionnels

Thèse en milieu professionnel sur les mobilités rurales et ses enjeux

Avec un master en psychologie sociale, Emérence Guitton fait sa thèse à la SNCF. Dans le Finistère, elle étudie la mise en place de solutions de mobilités alternatives comme le vélo électrique et les voiturettes sans permis. 

Au contact direct avec les habitantes et habitants, elle réalise des vagues d'entretiens pour que les solutions soient vraiment adaptées aux besoins des usagers.

Thèse à la SNCF : rencontre avec Emérence Guitton

Je m'appelle Émérance Guitton. Je fais une thèse sur les mobilité rurales depuis octobre 2024. J'ai commencé par une licence en psychologie puis un master en psychologie sociale. C'était l'occasion pour moi de faire une alternance auprès de la SNCF sur les mobilité rurale. Ce qui m'intéresse moi, c'est de comprendre les besoins et les solutions de mobilité pour les personnes en France périphérique.
Ça nous amène à réfléchir au levier et au frein à l'adoption de différents modes de transport. On se rend compte que c'est souvent la voiture parce qu'il y a pas d'autres solutions. Donc nous, on s'intéresse beaucoup à savoir comment on peut aider les personnes à utiliser le covoiturage, l'autostop et les véhicules intermédiaires comme les vélos électriques, les voiturettes sont permis et cetera.
Émérance, elle va enquêter avec une méthode d'entretien et des grilles d'analyse que nous nous n'avons pas de notre côté et elle nous permet dans le temps de la thèse de venir déjà nourrir quelques hypothèses ou nous faire des retours sur la façon dont les habitants accueillent cette expérimentation. Elle passe énormément plus de temps sur le terrain en contact avec notamment les habitants.
Nous, on aurait pas le temps du tout de faire ça. Et du coup, elle revient avec quelque chose de beaucoup plus fin. Je suis en train de réaliser une vague d'entretien auprès des habitants. On a la chance d'avoir une communauté de communes qui est qui nous accompagne, des élus, des maires qui sont très engagés sur le projet pour leur donner de l'intelligence et avoir le contexte dans lequel on fabrique ces expérimentations, il faut qu'il soi effectivement positionnés de manière à ce qu'il puisse avoir l'ensemble des informations et donc ils sont vraiment intégrés alors à la vie du service, aux différentes réunions qui peut y avoir même en dehors de l'expérimentation même sur laquelle Émérance travaille. Ça lui permet d'abord ben d'avoir ce contexte global de euh du pourquoi des problématiques que l'on pose et puis elle vient aussi apporter sa vision et elle nous nourrit euh quasiment toutes les semaines de ce qu'elle a pu voir, entendre et apporter effectivement bah tout son background aussi euh universitaire en psychologie, d'être assez calme, de prendre le temps parce que c'est quelque chose qui est nécessaire à la fois pour créer une bonne relation de travail avec tout le monde, réussir à comprendre leurs besoins et installer une relation qui fonctionne sur le long terme. Le fait d'être assez discrète parce que mine de rien, quand on arrive sur un territoire qu'on connaît pas, l'important c'est d'écouter les gens et pas de se mettre en avant. L'aspect méthodologique, la rigueur et l'aspect scolaire. Un des premiers conseils, c'est qu'il faut être très curieux. Il faut aller chercher l'information parce que l'information ne viendra pas forcément à vous parce que ce qui c'est ce qui vous ouvra des portes pour à la fois identifier les opportunités, comprendre les sujets qui vous intéressent et aussi en plus de ça vous permettra peut-être de même pendant votre thèse réussir à comprendre toujours et être d'actualité par rapport à ce qui se passe.
La communication c'est très important. Ça vous permet de vous rendre compte de ce qui se passe sur le terrain, de vous rendre compte des problématiques des entreprises et donc aussi d'identifier les opportunité à la fois pendant et avant votre thèse euh pour votre travail futur. Ce que j'attends ou en tout cas ce que je présage, c'est d'avoir un un apport assez conséquent de connaissance sur les mobilités rurales.
C'est quelque chose qui est peu exploré aujourd'hui. manque de connaissance et de connaissance universitaire, le travail qui va être fait devrait permettre de renouveler ou apporter quelque chose d'assez important dans le monde académique et universitaire sur ces mobilités rurales. Lors de la première salle d'entretien qu'elle avait fait, elle était revenue en disant "Mais en fait ces mobilier ruraux d'activation des mobilités, c'est leur nom de code que nous on considère super sexy, innovant et donc désirable et qui devrait susciter de l'appétence spontanée des gens." Bah ils sont vécus en fait par la majorité des personnes qu'elle a rencontré comme une perte de dépendance. C'est-à-dire que j'irai vers ces nouvelles mobilités quand je ne pourrai plus moi me déplacer tout seul et notamment avec une voiture. Et ça ça nous a énormément questionné sur la façon dont on allait adresser du coup ces nouvelles mobilités.
La première vague d'entretien que j'ai fait pendant mon stage, j'étais très timide mais trop timide justement. Je sais pas parler et poser des questions et en fait les personnes avaient l'impression que j'étais pas intéressée par rapport à ce qu'il disait et que j'étais pas assez dans la vie locale parce que c'était une timidité trop forte et avec le temps maintenant que je les connais, je en fait je me rends compte que je suis très à l'aise avec eux, que ça facilite énormément les choses et surtout qu'on commence à discuter, à plaisanter et je fais partie de leur vie intime à certains moments et c'est quelque chose qui est très plaisant et en même temps qui a été une difficulté au début et qui maintenant est assez drôle à voir quand je reviens quand je reviens en arrière. 

v-aegirprod-1